Geek et fier de l’être !

Quand j’étais gosse (c’est à dire il y a 20 millions d’années à peu près), j’étais totalement ignorant d’un mot qui, pourtant, allait gouverner ma vie. Ce mot était celui-ci : Geek.

C’est quoi un geek ? Bonne question.

Puisqu’il existe autant de définitions que de personnes, je vais faire simple en donnant la mienne : un geek est un passionné par un domaine en lien avec la culture populaire et, très souvent, lié aux mondes de l’imaginaire. Beaucoup de personnes ajoutent à cette définition la notion de dépendance aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies, mais je ne suis pas d’accord. On peut être geek sans être un fan de nouvelles technologies et on peut être fan de nouvelles technologies sans être geek.

Celui qui est une encyclopédie vivante sur Starwars (ou StarTrek, je ne veux pas d’embrouille), celui qui a relu « Ready player one » une dizaine de fois et le gars qui possède douze étagères blindées de figurines, de comics ou de manga, eux ce sont des geeks. Des vrais.

 Dans les années 80, ce mot n’existait tout simplement pas en France, et c’était regrettable (j’expliquerai pourquoi plus loin). Pas de mot pour me définir à cette époque, donc. J’étais juste un gamin complètement fondu de comics qui dépensait tout son argent de poche dans les derniers numéros de Strange, Spécial Strange, Titan, Nova et Spidey qui sortaient chaque mois chez le libraire. Je les attendais comme le messie.

L’histoire

Je me souviens du premier comme si c’était hier. J’avais onze ans. Je jouais dans le jardin de mes parents, quand ma mère est rentrée chargée de sacs de courses. A l’époque, je lisais encore une revue pour enfant dont le héros éponyme était un cousin de « PAF ! » le chien (comprend qui peut;) ), et elle était censée me ramener le numéro de la semaine. J’ai couru vers elle, mais à la place de l’hebdomadaire enfantin, elle m’a tendu ceci :

Strange

Oui je l’ai encore, trois décennies plus tard.

Ma mère me trouvait un peu vieux pour Paf le chien et voulait que j’évolue vers quelque chose qui corresponde plus à mon âge. Ce jour-là, ma vie a changé. Ce numéro de Strange a été le premier d’une trèèèèès longue série qui ne s’est jamais terminée et le début d’une passion qui ne s’est jamais tarie. J’étais déjà fan de science-fiction et de fantastique. Je connaissais les dialogues de Star Wars par cœur et les dessins animés du mercredi après-midi n’avaient aucun secret pour moi, mais les comics c’était un niveau au-dessus de tout le reste.

Le problème, comme je le disais plus haut, c’est que le mot geek n’existait pas encore. Et s’il n’y a pas de mot pour vous désigner alors vous êtes hors norme, à côté de la plaque, anormal, paria. A cette époque, être un geek n’était pas une chose facile. Le geek était celui qui se faisait bousculer pendant la récré, celui qui se faisait descendre dès qu’il ouvrait la bouche en classe… par ceux-là mêmes qui, aujourd’hui, emmènent leurs enfants au cinéma pour voir des films de superhéros.

La prise de conscience

Puis, il y eut une petite révolution ; de celle qui passe inaperçue, mais qui change la vie d’un paquet de gens sans qu’on l’ait prévu. Dans le courant des années 2000, l’industrie du cinéma a découvert que les geeks étaient légion. Beaucoup plus nombreux que ce que cette communauté, parfois honteuse d’elle-même, pouvait penser. Et quand il y a foule, il y a un marché.

Depuis 1998, ce sont 52 films de l’univers Marvel qui ont été produits et qui ont rapporté plusieurs milliards de dollars. Cet univers est devenu incontournable, phénoménal… et être geek est devenu à la mode.

Je trouve cela absolument génial. Principalement pour deux raisons :

1 – Tous les geeks de plus de 40 ans ont fait leur « coming out », et j’ai réalisé à quel point je n’étais pas un cas unique,

2 – Les jeunes geeks n’auront plus à supporter ce que j’ai vécu dans la cour du collège (du moins je l’espère).

Aujourd’hui, être geek est devenu facile à assumer. Parce que nous portons un nom. Parce que nous nous savons nombreux et enthousiastes. Et je ne peux pas m’empêcher de ressentir une certaine fierté d’avoir fait partie des pionniers. De ceux qui ont suivi leur passion, envers et contre le courant de la mode et tous ceux qui voulaient que je rentre dans le rang. A ceux-là je fais un coucou de la main, mais pas avec tous les doigts.

Aujourd’hui

La question n’est pas de savoir qui avait tort ou raison, mais de faire le constat que cette culture n’est plus jugée comme inférieure. Les avant-premières des films sont jouées à guichet fermé. Les salles sont remplies par un public de tout âge, réuni dans une ambiance de fête.

Les conventions ont fleuri un peu partout. Des jeunes, des vieux, des minces et des dodus se déplacent en masse pour s’y retrouver déguisés avec un magnifique cosplay payé une fortune ou avec un costume cousu à la main dans les rideaux de grand-mère. Peu importe. Tous sont salués et photographiés avec le même sourire. Tous se sentent en famille.

Aujourd’hui, nous pouvons simplement lever le drapeau de la culture pop tout en haut du mât et clamer face à l’horizon :

Geek, et fier de l’être !

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